concerning the lives of stéphane mallarmé on and off the isle of ptyx

― in living memory of my father    

    Il n’existe que trois êtres respectables :
    Le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer.
    Les autres hommes sont taillables et corvéables, faits pour l’écurie, c’est-à-dire pour exercer ce qu’on appelle des professions.
    — Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu
    There exist but three respectable beings:
    The priest, the warrior, the poet. To know, to kill, to create.
    The rest of men belong to the fatigue party, made for the stables, in other words for the practice of that, which is called professions.
    — Charles Baudelaire, My heart laid bare[0]

Stéphane Mallarmé began his career in nearly devotional emulation of the ill-fated cultivator of les fleurs du mal. Notwithstanding the affinities of his ethos, his destiny was to differ in one significant regard. Or so he insisted in a letter to his friend Henri Cazalis, written in October of 1862:[1]


    Je suis fier d’une chose, et très fier. C’est que mes enfants, si Dieu m’en donne, n’auront pas du sang de marchand dans les veines. Leur grand-père n’aura pas mis le matin un pain à cacheter sous la balance pour qu’elle pèse un centigramme de plus et qu’elle livre un centigramme de mélasse de moins; lequel centigramme répété vingt fois dans la journée fait un cinquième de gramme, et au bout de cinq jours un gramme, de sorte qu’après avoir pendant un mois mérité six cents fois d’aller en prison, on gagne un sou — six grammes de mélasse valant un sou. Voilà le commerce.
    Avant d’épouser une femme riche tout honnête homme doit dire : Cet argent a-t-il été gagné en faisant des livres, en enseignant, en travailllant avec une plume à la main ? Au grand soleil ? Point de pièces qui aient sonné dans un comptoir !
    Sentir dans mes cheveux une main qui a roulé des cornets ! Boire l’infini dans un œil qui pendant dix ans ait épié l’instant où l’acheteur se retournait pour enlever une pincée de sucre an poudre ! Pouah !… Si ce n’est elle qui l’eût fait, c’eût été son père. Si ce n’est son père, son grand-père, si ce n’est son grand-père, son bisaïeul.
    J’ai pour devise : Rien de louche — et tout commerce est louche. Je méprise autant la veuve Clicquot que la mère Grégoire. On vole en grand, voilà tout. Ils sont nécessaires ces gens-là? oui, comme les lacquais. Je donnerai mes bottes à mon lacquais, mas pas la main de ma fille.

    There is one thing I am proud of, and I am very proud of it. It’s that my children, if God gives me any, will not have the blood of merchants in their veins. Their grandfather will not have placed one morning a piece of sealing-wax under his scales, so that they weigh a hundredth of a gram more and deliver a hundredth of a gram of molasses less, which hundredth of a gram repeated twenty times a day makes a fifth of a gram, and after five days a whole gram, so that after having deserved imprisonment six hundred times in a month, you make one sou’s profit — six grams of molasses being worth one sou. That’s business for you.
    Before getting married to a rich woman, every honest man should ask — was that money earned by producing books, by teaching people, by living by the pen? Out in the open air? No coins that have rang on the counters!
    To feel running through my hair a hand that has rolled pastry! Drink the infinite in the eyes that for ten years watched for the moment when a customer’s back was turned to remove a pinch of powdered sugar! Phew! Even if she had not done it herself, her father would have. And if not her father, her grandfather; if not her grandfather, her great-grandfather.
    I have for a motto: Nothing suspect, and all business is suspect. I despise the Veuve Clicquot as much as Mother Grégoire [a saloon-keeper in an operetta by Scribe and Boisseaux]. It’s stealing big, that’s all. Is this kind of people necessary? Yes, just like servants. I will hand over my boots to my servant, but not my daughter’s hand in marriage.

His marriage defined the poet as much as his dedication to art. For thirty years, he was to submit to the demands of bourgeois propriety in the profession of a put-upon schoolteacher. For much of that time, Cazalis received confidences that witnessed his aesthetic triumphs and ethical crises. A poet of conventionally mystical, Orientalist sensibility, Cazalis was ill equipped to understand nihilist poetry of his friend. Nonetheless, he was always open to discussion of general principle and equal to the demands of personal rapport. In the former vein, on October 30, 1864, Mallarmé confided:[2]

    Pour moi, me voici résolument à l’oeuvre. J’ai enfin commencé mon Hérodiade. Avec terreur, car j’invente une langue qui doit nécessairement jaillir d’une poétique très nouvelle, que je pourrais définir en ces deux mots : Peindre, non la chose, mais l’effet qu’elle produit.
    Le vers ne doit donc pas, là, se composer de mots ; mais d’intentions, et toutes les paroles s’effacer devant la sensation. Je ne sais si tu me devines, mais j’espère que tu m’approuveras quand j’aurai réussi. Car je veux – pour la première fois de ma vie – réussir. Je ne toucherais plus jamais à ma plume si j’étais terrassé.
    As for me, here I am resolutely at work. I have finally begun my Hérodiade. With horror, because I invent a language that must necessarily spring forth from a very new poetics, which I could define in these two words: To paint, not the thing, but the effect that it produces.
    The verses should not therefore, therein, be composed of words; but of intentions, and all words to give way before the feeling. I do not know if you guess my meaning, but I hope that you will approve of me once I have succeeded. Because I want – for the first time in my life – to succeed. I would never again touch my pen if I were confounded.

Among the latter instances stood out the crisis that freed Mallarmé from every vestige of his native Catholicism. Thus he recounted it to his friend in a letter dated 14 May 1867:[3]

    Je viens de passer une année effrayante : ma Pensée s’est pensée, et est arrivée à une Conception [divine] pure. Tout ce que, par contrecoup, mon être a souffert, pendant cette longue agonie, est inénarrable, mais, heureusement, je suis parfaitement mort, et la région la plus impure où mon Esprit puisse s’aventure est l’Éternité, mon Esprit, ce solitaire habituel de sa propre Pureté, que n’obscurcit plus même le reflet du Temps.
    Malheureusement, j’en suis arrivé là par une horrible sensibilité, et il est temps que je l’enveloppe d’une indifférence extérieure, qui remplacera la force perdue. J’en suis, après une synthèse suprême, à cette lente acquisition de la force ― incapable tu le vois de me distraire. Mais combien plus je l’étais, il y a plusieurs mois, d’abord dans ma lutte terrible avec ce vieux et méchant plumage, terrassé, heureusement, Dieu. Mais comme cette lutte s’était passée sur son aile osseuse, qui, par une agonie plus vigoureuse que je ne l’eusse soupçonné chez lui, m’avait emporté dans des Ténèbres, je tombai, victorieux, éperdument et infiniment – jusqu’à ce qu’enfin je me sois revu un jour devant ma glace de Venise, tel que je m’étais oublié plusieurs mois auparavant.
    J’avoue du reste mais à toi seul, que j’ai encore besoin, tant ont été grandes les avanies de mon triomphe, de me regarder dans cette glace pour penser, et que si elle n’était pas devant la table où je t’écris cette lettre, je [retomberais dans] redeviendrais le Néant. C’est t’apprendre que je suis maintenant impersonnel, et non plus Stéphane que tu as connu, ― mais une aptitude qu’a l’Univers Spirituel à se voir et à se développer, à travers ce qui fut moi.
    Fragile comme est mon apparition terrestre, je ne puis subir que les développements absolument nécessaires pour que l’Univers retrouve, en ce moi, son identité. Ainsi, je viens, à l’heure de la synthèse, de délimiter l’oeuvre qui sera l’image de ce développement. Trois poèmes en vers, dont Hérodiade est l’Ouverture, mais d’une pureté que l’homme n’a pas atteinte et n’atteindra peut-être jamais, car il se pourrait que je ne fusse le jouet que d’une illusion, et que la machine humaine ne soit pas assez parfaite pour arriver à de tels résultats. Et quatre poèmes en prose, sur la conception spirituelle du Néant.
    ― Il me faut dix ans : les aurai-je ?
    I have just spent a terrifying year: my Thought has thought itself, and arrived at a [divine] pure Concept. All that my being suffered in consequence, during this long agony, is incommunicable, but, fortunately, I am perfectly dead, and the most impure area where my Spirit can venture is Eternity; my Spirit, that recluse accustomed to its own Purity, whom even the reflection of Time does not darken any longer.
    Unfortunately, I arrived from there to here through a dreadful sensitivity, and time has come for me to wrap it in an external indifference, which will replace the lost strength. After a supreme synthesis, I am slow to acquire this strength ― incapable, as you see, of distracing myself. But how much more it was so several months ago, at first in my terrible struggle with this old and malicious plumage, which is now, happily, subjugated: God. But as that struggle had happened on his bony wing, which, in a death rattle more vigorous than I would have suspected ihim capable of, had carried me into the Shadows; I fell, victorious, desperately and infinitely ― until finally I would have seen myself again one day standing before my Venetian mirror, such as I was when had forgotten myself several months before.
    I acknowledge moreover, but to you only, that so great were the affronts of my triumph, that I still need to look at myself in this mirror in order to think, and that if it were not in front of this desk on which I write this letter to you, I [would fall back into] would again become Nothing. That will let you know that I am now impersonal, and no longer the Stéphane that you knew, ― but a capacity that the Spiritual Universe has to see itself and to develop itself, through what was once me.
    Fragile as is my earthly apparition, I can bear only the developments that are absolutely necessary so that the Universe finds, in this me, its identity. Thus, I come, at the hour of the synthesis, to delimit the work that will be the image of such development. Three poems in verse, of which Hérodiade is the Opening, but of a purity that man has never yet reached and perhaps never will reach, because it could be that I was the plaything only of an illusion, and that the human machine is not perfect enough to arrive at such results. And four prose poems, on the spiritual concept of Nothing.
    ― It will take me ten years: will I have them?

    Over sixteen years later, in November and December of 1883, Paul Verlaine published his study of Les Poètes maudits in three issues of the review Lutèce. The “accursed poets” included Tristan Corbière, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé, Marceline Desbordes-Valmore, Auguste Villiers de L’Isle-Adam, and “Pauvre Lelian”, an anagrammatic pseudonym of their eulogist. The section dedicated to Mallarmé closed with a gently prodding announcement of his work on a book whose profundity shall astonish no less than its splendor shall dazzle all but the blind: « Mallarmé travaille à un livre dont la profondeur étonnera non moins que sa splendeur éblouira tous, sauf les seuls aveugles. Mais quand donc enfin, cher ami ? » But when at long last, dear friend? This apostrophic encomium had an immediate effect in eliciting supplicants eager to join the mardis, the Master’s exclusive Tuesday evening gatherings. The next year Joris Karl Huysmans epitomized Mallarmé as the incarnation of literary decadence:[4]

En effet, la décadence d’une littérature, irréparablement atteinte dans son organisme, affaiblie par l’âge des idées, épuisée par les excès de la syntaxe, sensible seulement aux curiosités qui enfièvrent les malades et cependant pressée de tout exprimer à son déclin, acharnée à vouloir réparer toutes les omissions de jouissance, à léguer les plus subtils souvenirs de douleur, à son lit de mort, s’était incarnée en Mallarmé, de la façon la plus consommée et la plus exquise. In effect, the decadence of a literature, irreparably affected in its organism, enfeebled by the aging of ideas, exhausted by the syntactical excess, sensitive only to the pangs of curiosity that torment a fever patient, and yet eager to express everything in its decay, bent upon making good all the omissions of enjoyment, to bequeath on its deathbed the most subtle recollections of suffering, incarnated itself in Mallarmé, in the most consummate and exquisite fashion.

In November, Félix Fénéon, the founder and editor in chief of the Revue indépendante, joined the Mardistes. His future successor in that publication, Edouard Dujardin, about to launch his own magazine, La Revue wagnérienne, followed Fénéon in January of 1885. René Ghil, the future theoretician of poetic orchestration, instrumentation, assimilating language to music under the influence of the treatment of Voyelles by Rimbaud, arrived in March. They were followed by Gustave Kahn, Odilon Redon, Maurice Barrès, Henri de Régnier, Auguste Dorchain, Francis Vielé-Griffin, Laurent Tailhade, Alfred Jarry, Pierre Louÿs, Claude Debussy, Paul Gauguin, André Gide, Émile Verhaeren, Jean Moréas, and Paul Valéry. James McNeill Whistler alternated there with his former disciple and mortal adversary Oscar Wilde. Above all, Catulle Mendès and Auguste Villiers de L’Isle-Adam, the host’s oldest and closest friends, imbued these gatherings with a living memory of Charles Baudelaire. No mutual admiration society since the inception of Plato’s Academy integrated itself so swiftly within a self-fashioned pedigree. What Socrates was to Plato, Baudelaire became to Mallarmé.[5]
    The factitious nature of Symbolism, as the banner under which the virtual Academy of literary Modernity rallied its troops, was richly embodied in its founding document, the autohagiography that Mallarmé furnished to Verlaine as a reference to be used in preparing his article for a popular series entitled Les Hommes d’Aujourd’hui:[6]

    Paris, lundi 16 novembre 1885
    Mon cher Verlaine,
    Je suis en retard avec vous, parce que j’ai recherché ce que j’avais prêté, un peu de côté et d’autre, au diable, de l’œuvre inédite de Villiers. Ci-joint le presque rien que je possède.
    Mais des renseignements précis sur ce cher et vieux fugace, je n’en ai pas : son adresse même, je l’ignore ; nos deux mains se retrouvent l’une dans l’autre, comme desserrées de la veille, au détour d’une rue, tous les ans, parce qu’il existe un Dieu. A part cela, il serait exact aux rendez-vous et, le jour où, pour les Hommes d’Aujourd’hui aussi bien que pour les Poëtes Maudits, vous voudrez, allant mieux, le rencontrer chez Vanier, avec qui il va être en affaires pour la publication d’Axël, nul doute, je le connais, aucun doute, qu’il ne soit là à l’heure dite. Littérairement, personne de plus ponctuel que lui : c’est donc à Vanier à obtenir d’abord son adresse, de M. Darzens qui l’a jusqu’ici représenté près de cet éditeur gracieux.
    Si rien de tout cela n’aboutissait, un jour, un mercredi notamment, j’irais vous trouver à la tombée de la nuit ; et, en causant il nous viendrait à l’un comme à l’autre, des détails biographiques qui m’échappent aujourd’hui ; pas l’état civil, par exemple, dates, etc., que seul connaît l’homme en cause.
    Je passe à moi.
    Oui, né à Paris, le 18 mars 1842, dans la rue appelée aujourd’hui passage Laferrière. Mes familles paternelles et maternelles présentaient, depuis la Révolution, une suite ininterrompue de fonctionnaires dans l’Administration de l’Enregistrement ; et bien qu’ils y eussent occupé presque toujours de hauts emplois, j’ai esquivé cette carrière à laquelle on me destina dès les langes. Je retrouve trace du goût de tenir une plume, pour autre chose qu’enregistrer des actes, chez plusieurs de mes ascendants : l’un, avant la création de l’Enregistrement sans doute, fut syndic des Libraires sous Louis XVI, et son nom m’est apparu au bas du Privilège du roi placé en tête de l’édition originale française du Vathek de Beckford que j’ai réimprimé. Un autre écrivait des vers badins dans les Almanachs des Muses et les Étrennes aux Dames. J’ai connu enfant, dans le vieil intérieur de bourgeoisie parisienne familial, M. Magnien, un arrière-petit-cousin, qui avait publié un volume romantique à toute crinière appelé Ange ou Démon, lequel reparaît quelquefois coté cher dans les catalogues de bouquinistes que je reçois.
    Je disais famille parisienne, tout à l’heure, parce qu’on a toujours habité Paris ; mais les origines sont bourguignonnes, lorraines aussi et même hollandaises.
    J’ai perdu tout enfant, à sept ans, ma mère, adoré d’une grand’mère qui m’éleva d’abord ; puis j’ai traversé bien des pensions et lycées, d’âme lamartinienne avec un secret désir de remplacer, un jour, Béranger, parce que je l’avais rencontré dans une maison amie. Il paraît que c’était trop compliqué pour être mis à exécution, mais j’ai longtemps essayé dans cent petits cahiers de vers qui m’ont toujours été confisqués, si j’ai bonne mémoire.
    Il n’y avait pas, vous le savez, pour un poëte à vivre de son art même en l’abaissant de plusieurs crans, quand je suis entré dans la vie ; et je ne l’ai jamais regretté. Ayant appris l’anglais simplement pour mieux lire Poe, je suis parti à vingt ans en Angleterre, afin de fuir, principalement; mais aussi pour parler la langue, et l’enseigner dans un coin, tranquille et sans autre gagne-pain obligé : je m’étais marié et cela pressait.
    Aujourd’hui, voilà plus de vingt ans et malgré la perte de tant d’heures, je crois, avec tristesse, que j’ai bien fait. C’est que, à part les morceaux de prose et les vers de ma jeunesse et la suite, qui y faisait écho, publiée un peu partout, chaque fois que paraissaient les premiers numéros d’une Revue Littéraire, j’ai toujours rêvé et tenté autre chose, avec une patience d’alchimiste, prêt à sacrifier toute vanité et toute satisfaction, comme on brûlait jadis son mobilier et les poutres de son toit, pour alimenter le fourneau du Grande Œuvre. Quoi? c’est difficile à dire : un livre, tout bonnement, en maints tomes, un livre qui soit un livre, architectural et prémédité, et non un recueil des inspirations de hazard [sic], fussent-elles merveilleuses… J’irai plus loin, je dirai : le Livre, persuadé qu’au fond il n’y en a qu’un, tenté à son insu par quiconque a écrit, même les Génies. L’explication orphique de la Terre, qui est le seul devoir du poète et le jeu littéraire par excellence : car le rythme même du livre, alors impersonnel et vivant, jusque dans sa pagination, se juxtapose aux équations de ce rêve, ou Ode.
    Voilà l’aveu de mon vice, mis à nu, cher ami, que mille fois j’ai rejeté, l’esprit meurtri ou las, mais cela me possède et je réussirai peut-être ; non pas à faire cet ouvrage dans son ensemble (il faudrait être je ne sais qui pour cela !) mais à en montrer un fragment d’exécuté, à en faire scintiller par une place l’authenticité glorieuse, en indiquant le reste tout entier auquel ne suffit pas une vie. Prouver par les portions faites que ce livre existe, et que j’ai connu ce que je n’aurai pu accomplir.     Rien de si simple alors que je n’aie pas eu hâte de recueillir les mille bribes connues, qui m’ont, de temps à autre, attiré la bienveillance de charmants et excellents esprits, vous le premier ! Tout cela n’avait d’autre valeur momentanée pour moi que de m’entretenir la main : et quelque réussi que puisse être quelquefois un des morceaux ; à eux tous c’est bien juste s’ils composent un album, mais pas un livre. Il est possible cependant que l’Éditeur Vanier m’arrache ces lambeaux mais je ne les collerai sur des pages que comme on fait une collection de chiffons d’étoffes séculaires ou précieuses. Avec ce mot condamnatoire d’Album, dans le titre, Album de vers et de prose, je ne sais pas ; et cela contiendra plusieurs séries, pourra même aller indéfiniment (à côté de mon travail personnel qui je crois, sera anonyme, le Texte y parlant de lui-même et sans voix d’auteur).
    Ces vers, ces poèmes en prose, outre les Revues Littéraires, on peut les trouver, ou pas, dans les Publications de Luxe, épuisées, comme le Vathek, le Corbeau, le Faune.
    J’ai dû faire, dans des moments de gêne ou pour acheter de ruineux canots, des besognes propres et voilà tout (Dieux Antiques, Mots Anglais) dont il sied de ne pas parler : mais à part cela, les concessions aux nécessités comme aux plaisirs n’ont pas été fréquentes. Si à un moment, pourtant, désespérant du despotique bouquin lâché de Moi-même, j’ai après quelque articles colportés d’ici et de là, tenté de rédiger tout seul, toilettes, bijou [sic], mobilier, et jusqu’aux théâtres et aux menus de dîner, un journal, La Dernière Mode, dont les huit ou dix numéros parus servent encore quand je les dévêts de leur poussière à me faire longtemps rêver.
    Au fond je considère l’époque contemporaine comme un interrègne pour le poète, qui n’a point à s’y mêler : elle est trop en désuétude et en effervescence préparatoire, pour qu’il ait autre chose à faire qu’à travailler avec mystère en vue de plus tard ou de jamais et de temps en temps à envoyer aux vivants sa carte de visite, stances ou sonnet, pour n’être point lapidé d’eux, s’ils le soupçonnaient de savoir qu’ils n’ont pas lieu.
    La solitude accompagne nécessairement cette espèce d’attitude ; et, à part mon chemin de la maison (c’est 89, maintenant, rue de Rome) aux divers endroits où j’ai dû la dîme de mes minutes, lycées, Condorcet, Janson de Sailly, enfin Collège Rollin, je vague peu, préférant à tout, dans un appartement défendu par la famille, le séjour parmi quelques meubles anciens et chers, et la feuille de papier souvent blanche. Mes grandes amitiés ont été celles de Villiers, de Mendès et j’ai, dix ans, vu tous les jours mon cher Manet, dont l’absence aujourd’hui me paraît invraisemblable ! Vos Poëtes Maudits, cher Verlaine, A Rebours d’Huysmans, ont intéressé à mes Mardis longtemps vacants les jeunes poètes qui nous aiment (mallarmistes à part) et on a cru à quelque influence tentée par moi, là où il n’y a eu que des rencontres. Très affiné, j’ai été dix ans d’avance du côté où de jeunes esprits pareils devaient tourner aujourd’hui.
    Voilà toute ma vie dénuée d’anecdotes, à l’envers de ce qu’ont depuis si longtemps ressassé les grands journaux, où j’ai toujours passé pour très-étrange : je scrute et ne vois rien d’autre, les ennuis quotidiens, les joies, les deuils d’intérieur exceptés. Quelques apparitions partout où l’on monte un ballet, où l’on joue de l’orgue, mes deux passions d’art presque contradictoires, mais dont le sens éclatera et c’est tout. J’oubliais mes fugues, aussitôt que pris de trop de fatigue d’esprit, sur le bord de la Seine et de la forêt de Fontainebleau, en un lieu le même depuis des années : là je m’apparais tout différent, épris de la seule navigation fluviale. J’honore la rivière, qui laisse s’engouffrer dans son eau des journées entières sans qu’on ait l’impression de les avoir perdues, ni une ombre de remords. Simple promeneur en yoles d’acajou, mais voilier avec furie, très-fier de sa flottille.
    Au revoir, cher ami. Vous lirez tout ceci, noté au crayon pour laisser l’air d’une de ces bonnes conversations d’amis à l’écart et sans éclat de voix, vous le parcourerez du bout des regards et y trouverez, disséminés, les quelques détails biographiques à choisir qu’on a besoin d’avoir quelque part vus véridiques. Que je suis peiné de vous savoir malade et de rhumatismes! Je connais cela. N’usez que rarement du salicylate, et pris des mains d’un bon médecin, la question dose étant très importante. J’ai eu autrefois une fatigue et comme une lacune d’esprit, après cette drogue ; et je lui attribue mes insomnies. Mais j’irai vous voir un jour et vous dire cela, en vous apportant un sonnet et une page de prose que je vais confectionner ces temps, à votre intention, quelque chose qui aille là où vous le mettrez. Vous pouvez commencer sans ces deux bibelots. Au revoir, cher Verlaine. Votre main.
    Stéphane Mallarmé
    Le paquet de Villiers est chez le concierge : il va sans dire que j’y tiens comme à mes prunelles ! C’est là ce qui ne se trouve plus : quant aux Contes Cruels, Vanier vous les aura, Axël se publie dans la Jeune France et l’Ève future dans la Vie Moderne.
    Paris, Monday November 16, 1885
    My dear Verlaine,
    I am tardy with you, because I have sought what I had lent, here and there, consigned to the devil, of the unpublished work of Villiers. Herewith the next to nothing that I possess.
    But of the precise information on this dear old wanderer, I have none: I am unaware even of his address; our two hands find clasping each other, as if they had parted only the day before, at a streetcorner, every year, because there is a God. Besides that, he would be punctual at a meeting and the day when, for the Men of Today as well as for the Accursed Poets, you will want, once you are in better health, to meet him at Vanier’s, with whom he will be dealing for the publication of Axël, there’s no doubt, knowing him, no doubt at all, that he will be there at the appointed hour. In things literary, no one is more punctilious than he: it is thus up to Vanier to obtain his address at first, from Mr. Darzens who up to now has represented him in dealings with this obliging editor.
    If none of that succeeded, one day, one Wednesday in particular, I would go to find you at dusk; and, in the course of our chat, the biographical details that escape me today would come to each of us; not the civil status, for example, dates, etc., that only the man in question knows.
    I turn to me.
    Yes, born in Paris, on 18 March 1842, in the street called today the Laferrière passage. My paternal and maternal families had presented, since the Revolution, an unbroken succession of civil servants in the Administration of the Records; and although they had almost always occupied high posts there, I dodged this career meant to be my destiny since I was in my diapers. I find traces of the taste for holding a pen, for purposes other than recording acts, in several of my ancestors: one, undoubtedly before the creation of the Records, was a syndic of the Booksellers under Louis XVI, and his name jumped at me from the bottom of the royal Privilege placed at the head of the original French edition of Beckford’s Vathek, which I have reprinted. Another wrote light verse in the Almanacs of the Muses and the New Year’s Gifts for the Ladies. I knew as a child, in the old interior of bourgeois Parisian family life, Mr. Magnien, a first cousin twice removed, who had published a woolly romantic volume called Angel or Demon, which sometimes reappears at the expensive end in the secondhand booksellers’ catalogues that I receive.
    I said a Parisian family a moment ago, because we had always lived in Paris; but our roots are Burgundian as well as Lorrainian, and even Dutch.
    I lost my mother when I was a child, at the age of seven, and was adored by a grandmother who raised me at first; next I passed through many boarding schools and colleges, a Lamartinian soul with a secret desire to replace Béranger one day, because I had met him at a house of a friend. It seems that it was too complicated to be carried out, but for a long time I attempted to versify in countless small notebooks, which were always confiscated from me, if memory serves.
    There was not, as you know, any chance for a poet to make a living of his art even by lowering it several notches, when I entered the life; and I never have regretted it. Having learned English solely in order to improve my reading of Poe, I left to England at the age of twenty, wanting mainly to flee, but also to speak the language, and to teach it in some nook, peaceful and needing no other livelihood: I had married and that caused some urgency.
    Today, more than twenty years later and in spite of the loss of so many hours, I believe, with sadness, that I made the right choice. It is that, aside from the prose pieces and the verse of my youth and its sequel, which echoed there, published more or less everywhere, each time the first numbers of a Literary Review appeared, I have always dreamed and attempted something else, with the patience of an alchemist, ready to sacrifice all vanity and all satisfaction, as in the past one burned his furniture and the beams of his roof, to feed the furnace of the Great Work. What? it is difficult to say: a book, quite plainly, in many volumes, a book that would be a book, architectural and premeditated, and not a collection of the inspirations by chance [Mallarmé writes “hazard” instead of the French hazard], howsoever marvelous… I will go further, I will say: the Book, persuaded that at the bottom there is only one, attempted unwittingly by whoever has written, even by the Geniuses. The orphic explanation of the Earth, which is the only duty of the poet and the preeminent literary game: because the very rhythm of the book, then impersonal and living, even unto its pagination, is juxtaposed with the equations of this dream, or Ode.
    Here is the confession of my vice, laid bare, dear friend, which a thousand times I have rejected, bruised or weary in spirit, but it possesses me and I may yet succeed; not in creating this work as a whole (it would be necessary for that to be I don’t know what!) but in showing a fragment of it carried out, in making the glorious authenticity scintillate in some place, in indicating the entire remainder for which one life is not enough. To prove by the portions created that this book exists, and that I have known that, which I will not have been able to accomplish.
    Nothing so clear then, as my not having hastened to collect the thousand known fragments, which have, from time to time, attracted the benevolence of charming and excellent minds, yours first of all! All that had no momentary value for me other than to exercise my hand: and however successful might be at times one of the pieces; all of them together might at best comprise an album, but not a book. It is possible however that the publisher Vanier may tear these scraps from me, but I would only stick them on pages as one makes a collection of patches of ancient or precious fabrics. With this damning designation of Album in the title, Album of Poems and Prose, perhaps; and that would contain several series, could even proceed indefinitely (beside my personal work, which I believe will be anonymous, the Text speaking therein of itself and without the voice of its author).
    These poems, these prose poems, besides the Literary Reviews, one can find them, or not, in the Luxury Editions, all sold out, like Vathek, The Raven, The [Afternoon of the] Faun.
    In moments of difficulty or to buy ruinous dinghies, I had been obliged to write works that were honest, and nothing more than that (Ancient Gods, English Words), of which it is meet not to speak: but besides that, the concessions with necessities as with pleasures were infrequent. Except that at one time, despairing of the despotic book abandoned by Myself, I have, after some articles hawked here and there, tried to edit all alone, of outfits, jewel [sic], furniture, and even theater and the dinner menus, a newspaper, The Latest Fashion, of which the eight or ten published issues still serve, when I dust them off, to make me dream for a long time.
    Basically, I regard the present time as an interregnum for the poet, who does not have to mix himself in it: it is too engrossed in desuetude and preparatory effervescence, that he would have anything to do other than work with mystery for the sake of times to come later or never, and from time to time to send his calling card to the living, stanzas or a sonnet, so that they would not stone him to death, if they suspected him of knowing that they do not exist.
    Solitude necessarily accompanies this kind of attitude; and, except for my route from the house (it is now 89, rue de Rome) to the various places where I have owed the tithe of my minutes, the colleges Condorcet, Janson de Sailly, finally Collège Rollin, I stray little, preferring above all, in an apartment protected by the family, the time spent among some old and cherished pieces of furniture, and the sheet of paper, often blank. My great friendships were those of Villiers, of Mendès and my dear Manet, seen every day ten years ago, whose absence today strikes me as incredible! Your Accursed Poets, dear Verlaine, Against the Grain of Huysmans, have interested, during my long vacant Tuesday gatherings, the young poets who love us (Mallarmists apart) and some believed that I tried to exert some influence, whereas there had only been coincidences. Very refined, I was ten years ahead of the point to which similar young minds must turn today.
    Here is all my life stripped of anecdotes, the opposite of that long harped upon by the popular newspapers, where I always passed for very peculiar: I scrutinize it and see nothing else, except for the daily problems, the joys, the family bereavements. A few appearances wherever a ballet is staged, where organ music plays, my two passions in art, almost contradictory, but whose meaning will cry out, and that is all. I was overlooking my flights, indulged in the moment my mind grows too weary, to the banks of the Seine and the forest of Fontainebleau, in a place that remained the same for years: there I appear to myself very different, engrossed only in river navigation. I honor the river, which allows entire days to be engulfed in its water, without giving the impression of having lost them, nor the shadow of remorse. A simple wanderer in mahogany skiffs tree, but sail-maker with fury, very proud of his flotilla.
    Goodbye, dear friend. You will read all this, written with a pencil to give it the air of one of these good conversations between friends, at a remove, without raised voices, you will run your eyes over it to the end, and you will find, disseminated here and there, the choice of a few biographical details, required to have been seen somewhere as truthful. How I am sorry to know you sick and with rheumatism! I know what that is like. Use salycilate only rarely, and only from the hands of a good doctor, the question of dosage being very important. I had formerly suffered from fatigue and a kind of mental lapse after taking this drug; and I blame it for my insomnia. But I will go to see you and tell all this to you one day, bringing along a sonnet and a page of prose, which I shall create for you presently, according to your intention, something that would fit wherever you choose to put it. You can start without these two trinkets. Goodbye, dear Verlaine. Your hand.
    Stéphane Mallarmé
    The package of Villiers is with the concierge: it goes without saying that I cherish it as my eyes! It is there, what no longer can be found: as for the Cruel Tales, Vanier will get them to you, Axël is being published in Young France and The Future Eve in the Modern Life.

    With the germ of his legend in place, Mallarmé never relented in his pursuit of the one book. Meanwhile, his oracular reputation grew through the efforts of his disciples. Paul Valéry, the most earnest of them, submitted an anecdote in support of a contrast in character:[7]

    Rien ne ressemblait moins au caractère voulu dur, et direct jusqu’a la brutalité, de Degas que le caractère voulu de Mallarmé. […]
    S’étant mis aux sonnets, il [Degas] consultait Heredia ou Mallarmé, leur soumettait les difficultés, les cas de conscience, les conflits du poème avec le poète.
    Un jour, m’a-t-il conté, dînant chez Berthe Morisot avec Mallarmé, il se plaignit à lui du mal extrême que lui donnait la composition poétique : « Quel métier ! criait-il, j’ai perdu toute ma journée sur un sacré sonnet, sans avancer d’un pas… Et cependant, ce ne sont pas les idées qui me manquent… J’en suis plein… J’en ai trop… »
    Et Mallarmé, avec sa douce profondeur : « Mais, Degas, ce n’est point avec des idées que l’on fait des vers… C’est avec des mots. »
    C’était le seul secret. Il ne faut pas croire qu’on en puisse saisir la substance sans quelque méditation.
    Nothing had less in common with the character willed to be hard, and direct to the point of brutality, of Degas, than the willed character of Mallarmé. […]
    Setting out to compose sonnets, he [Degas] consulted Heredia or Mallarmé, submitted to them the difficulties, the cases of troubled conscience, the conflicts of the poem with the poet.
    One day, he told me that, while dining at Berthe Morisot’s home with Mallarmé, he complained to him of the extreme trouble that poetic composition gave him: “What a trade!” — he shouted, — “I lost my entire day on one damn sonnet, without advancing a step… And yet, I am not lacking in ideas… I am full of them… I have too many…”
    And Mallarmé, with his kind depth: “But Degas, one does not create poetry with ideas… One does it with words.
    It was the only secret. It is not to be expected that its substance can be grasped without some contemplation.

In Deeds and opinions of Doctor Faustroll, Pataphysician, the 1898 ’pataphysical gospel of Alfred Jarry, the Master’s figure turned into a living monument atop the eponym of his most notorious creation:[8]

        DE L’ILE DE PTYX
    À Stéphane Mallarmé
    L’île de Ptyx est d’un seul bloc de la pierre de ce nom, laquelle est inestimable, car on ne l’a vue que dans cette île, qu’elle compose entièrement. Elle a la translucidité sereine du saphir blanc, et c’est la seule gemme dont le contact ne morfonde pas, mais dont le feu entre et s’étale, comme la digestion du vin. Les autres pierres sont froides comme le cri de trompettes ; elle a la chaleur précipitée de la surface des timbales. Nous y pûmes aisément aborder, car elle était taillée en table et crûmes prendre pied sur un soleil purgé des parties opaques ou trop miroitantes de sa flamme, comme les antiques lampes ardentes. On n’y percevait plus les accidents des choses, mais la substance de l’univers, et c’est pourquoi nous ne nous inquiétâmes point si la surface irréprochable était d’un liquide équilibré selon des lois éternelles, ou d’un diamant impénétrable, sauf à la lumière qui tombe droit.
    Le seigneur de l’île vint vers nous dans un vaisseau : la cheminée arrondissait des auréoles bleues derrière sa tête, amplifiant la fumée de sa pipe et l’imprimant au ciel. Et au tangage alternatif, sa chaise à bascule hochait ses gestes de bienvenue.
    Il tira de dessous son plaid quatre œufs, à la coque peinte, qu’il remit au docteur Faustroll, après boire. À la flamme de notre punch l’éclosion des germes ovales fleurit sur le bord de l’île : deux colonnes distantes, isolement de deux prismatiques trinités de tuyaux de Pan, épanouirent au jaillissement de leurs corniches la poignée de mains quadridigitales des quatrains du sonnet ; et notre as berça son hamac dans le reflet nouveau-né de l’arc de triomphe. Dispersant la curiosité velue des faunes et l’incarnat des nymphes désassoupies par la mélodieuse création, le vaisseau clair et mécanique recula vers l’horizon de l’île son haleine bleutée, et la chaise hochante qui saluait adieu.
        CONCERNING THE ISLE OF PTYX
    To Stéphane Mallarmé
    The isle of Ptyx is of a single block of the stone of this name, which is inestimable, for it is not found anywhere but in this island, which it comprises entirely. It has the serene translucency of white sapphire, and is the only gem the touch whereof does not chill, but that its fire enters and spreads within, as with the digestion of wine. Other stones are as cold as the cry of trumpets; this one has the precipitated heat of the surface of timbals. We were able to land there with ease, since it was cut in table-form, and we believed ourselves to be setting foot on a sun purged of the opaque or too reflecting parts of its flame, as with the torches of antiquity. No longer were the accidents of things to be perceived there, but only the substance of the universe, and this is why we did not care whether the flawless surface was a liquid balanced according to eternal laws, or a diamond, impervious except to light falling squarely upon it.
    The lord of the islands came toward us in a ship: the chimney puffed out blue halos behind his head, magnifying the smoke from his pipe and imprinting it on the sky. And as the ship pitched back and forth, his rocking chair tossed out his welcoming gestures.
    From beneath his traveling rug he drew four eggs with painted shells, which he handed over to Doctor Faustroll after taking a drink. In the flame of our punch, the hatching of the oval embryos blossomed over the island’s shore: two distant columns, the isolation of two prismatic trinities of Pan pipes, splayed out in the spurt of their cornices the quadridigitate handshake of the sonnet’s quatrains; and our skiff rocked its hammock in the newborn reflection of the triumphal arch. Dispersing the hairy curiosity of the fauns and the fleshy bloom of the nymphs aroused by this musical creation, the bright mechanical vessel withdrew toward the island’s horizon its blue breath, along with its jerking chair waving goodbye.

Alas, his lordly attempts at literary closure were foredoomed. On September 8, 1898, in the course of a house call paid by the family doctor in response to a complication of sore throat, the poet joked that, from coughing, he was as red in the face as an exotic rooster. In the middle of his sentence, a coughing fit overcame him. He looked quickly at his daughter, then made a grab for the doctor and collapsed on top of him, suffocated by a sudden contraction of the glottis. He was fifty-six years old.
    In his last letter, addressed on the eve of his death, 8 September 1898, to his wife Marie and daughter Geneviève, the poet wrote:[9]

    Le spasme terrible d’étouffement subi tout à l’heure peut se reproduire au course de la nuit et avoir raison de moi. Alors, vous ne vous étonnerez pas que je pense au monceau demi-séculaire de mes notes, lequel ne vous deviendra qu’un grand embarras ; attendu que pas un feuillet n’en peut servir. Moi-même, l’unique pourrais seul en tirer ce qu’il y a… Je l’eusse fait si les dernières années manquant ne m’avaient trahi. Brûlez, par conséquent : il n’y a pas là d’héritage littéraire, mes pauvres enfants. Ne soumettez même pas à l’appréciation de quelqu’un : ou refusez toute ingérence curieuse ou amicale. Dites qu’on n’y distinguerait rien, c’est vrai du reste, et, vous, mes pauvres prostrées, les seuls êtres au monde capables à ce point de respecter toute une vie d’artiste sincère, croyez que ce devait être très beau.     The terrible spasm of asphyxiation suffered just now can recur during the night and prevail over me. Thus you will not be surprized that I think of the demi-centennial heap of my notes, which will become only a great embarrassment to you; because not a page therein can be of use. I alone could draw from it what it contains… I would have done it if the final absconded years had not betrayed me. Burn, therefore: there is no literary heritage there, my poor children. Do not even submit it to anyone for appraisal; and forbid all inquisitive and friendly meddling. Say that nothing there would be distinguished, it is true anyway, and, you, my poor prostrates, the only beings in the world capable at this point of respecting an entire life of a sincere artist, believe that it was to be very beautiful.

But the last word belonged to doctor Faustroll:[10]

    Mallarmé se réjouit de lire le périple et se leva une dernière fois, la main vers le docteur, du fauteuil à bascule dans le décor de suggestive beauté.
    Faustroll, par la nef de la forêt, le long des fougères tapissant (tapinois et tapisserie) leurs faux à pustules d’Atropos, redescendit à l’automne, pieds nus sur la route, vers les arches de Valvins.
    L’enterrement s’élevait selon la route de Samoreau, et s’écoula selon la digue des cimetières nombreux.
    La petite église fut sobre et absolue, les deux chantres plus douloureux d’être faux, les vitraux concilièrent leur pauvreté dans de la lumière comme la foule choisie la pluralité de ses croyances dans l’agenouillement ensemble devant le catholique (puisque ce veut dire quelquefois universel) de la gloire.
    Deux femmes très nobles étaient les cariatides de toute cette douleur.
    Faustroll se hâtant sur le courant blanc, comme un liséré de tenture d’église, de la route par la forêt de palmes déchues, appréhendait la voix horrifique informant par trois fois Thamoun de la mort de celui dont ont aussi écrit, pour ceux qui savent lire, Hérodote, et Cicéron au tiers livre de la nature des Dieux.
    Le fleuve dépose éternellement, circulaire miroir de la gloire, autour de la tombe, jusqu’aux pénultièmes horizons, sa couronne mortuaire.
    ― Alfred Jarry, Almanach du père Ubu, illustré
    Mallarmé was delighted to read about the circumnavigation and rose for the last time, hand outstretched towards the doctor, from the rocking chair in the setting of suggestive beauty.
    Faustroll, through the nave of the forest, along the ferns papering over (a dissimulation of tapestry) their forgeries pustulated by Atropos, lowered himself back into the autumn, treading the road barefoot, towards the arches of Valvins.
    The burial swelled in keeping with the road of Samoreau, and spilled out in keeping with the barrier of numerous cemeteries.
    The small church was modest and absolute, the two eulogists all the more distressing for being fake, the stained glass windows reconciled their poverty in the light like the chosen crowd the plurality of its beliefs in kneeling together before the catholic (because it sometimes means universal) glory.
    Two very noble women were the caryatids of all this pain.
    Faustroll hastening upon the white current, like the edge of a church hanging, of the road by the forest of deposed palms, apprehended the horrific voice informing by three times Thamous of the death of him whereof also wrote, for those who can read, Herodotus, and Cicero in the third book on the nature of the Gods.
    The river deposits eternally, a circular mirror of glory, around the tomb, all the way to the penultimate horizons, its funeral wreath.
    ― Alfred Jarry, Illustrated Almanac of Father Ubu

Footnotes:

[0] Mon cœur mis à nu XIII.22, OC I, p. 684. All translations, unless noted otherwise, are by MZ.

[1] Stéphane Mallarmé, Correspondance, 1862-1871, recueillie, classée et annotée par Henri Mondor avec la collaboration de Jean-Pierre Richard, Paris: Gallimard, 1959 (MC I), p. ***.

[2] MC I, p. 137.

[3] MC I, pp. 242-243.

[4] Joris Karl Huysmans, À Rebours, Chapitre XIV.

[5] Cite the biography ***.

[6] Stéphane Mallarmé, Correspondance II, 1871-1885, recueillie, classée et annotée par Henri Mondor et Lloyd James Austin, Paris: Gallimard, 1965 (MC II), pp. 299-306.

[7] Paul Valéry, Degas Danse Dessin in Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1960, pp. 1181, 1208; cf. Poésie et pensée abstraite (1939) in Œuvres I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1957, p. 1324.

[8] Alfred Jarry, Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Livre III, chapitre XIX, in Œuvres complètes (JOC), I, Pléiade, 1972, pp. 685-686.

[9] Stéphane Mallarmé, Œuvres complètes, édition présentée, établie et annotée par Bertrand Marchal, tome I, Gallimard: Bibliothéque de la Pléiade, 1998 (MOC I), p. 821.

[10] Alfred Jarry, Almanach du père Ubu, illustré (1899), JOC I p. 565. Here ends a sidebar to be inserted into the second part of the book previously entitled Representation and Modernity, begun in 1986 and submitted by the author and accepted by Hilary Putnam and William Mills Todd III, in partial satisfaction of 1993 degree requirements at Harvard University. Some of the subsequent chapters have been posted elsewhere in this journal. Comments, questions, suggestions, and requests shall be gratefully considered and promptly answered.

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