les revolvers manurhin

LES REVOLVERS MANURHIN

En France c’est peu à peu qu’est acceptée l’idée d’équiper les personnels de la police de revolvers à grande puissance (357 Mag, 9 Para). En effet traditionnellement équipés de P.A. en 7,65 Browning, les policiers ne peuvent prétendre au cours de missions dangereuses, à une totale efficacité et constatent une disproportion dans l’armement au cours d’affrontements dits de « grande criminalité », face à des individus n’hésitant pas à faire usage de « gros calibres ».
    Créé en 1962 le Centre National de Perfectionnement du Tir de la Police Nationale, dirigé par Raymond Sasia, permet d’améliorer la formation technique des fonctionnaires de police actifs. Mais l’outil susceptible de rendre les meilleurs services au tir, au plan de la sécurité, de l’efficacité et de l’économie reste encore à définir. L’expérience de Sasia lui permet d’affirmer que le revolver en 357 Magnum est la meilleure réponse à ces questions. D’ailleurs Raymond Sasia fait mettre au point par Smith et Wesson une version spéciale de modèle 19 : le 19/3 RS ( 3 pouces Raymond Sasia ) conçue spécialement pour les forces de l’ordre.
    Entre temps le Ministère de l’Intérieur, soucieux d’acheter français ( marché prévu : 80 000 revolvers ) recherche dans l’hexagone un fabricant pouvant concevoir et exécuter un revolver. Vaste problème ! Grâce à la législation que chacun connaît il n’y a plus en France un seul fabricant de revolver, civil ou militaire, sportif ou défense. C’est finalement la Manufacture de Machines du Haut-Rhin ( plus connue sous le nom de Manurhin ) dont le département armement fabrique des P.A. sous licence Walther depuis l’après-guerre qui est désignée en 1971.
    Le bureau d’études se montre à la hauteur de la tâche et sort un prototype qui est une synthèse des meilleures caractéristiques des Colt et Smith et Wesson. Rien n’est particulièrement nouveau mais il est difficile d’innover dans le domaine du revolver depuis l’invention du barillet tombant en 1889 par Colt et depuis la mise au point de la 357 Magnum par S et W en 1935. La chaîne de production et d’assemblage qu’installe Manurhin est très efficace et le résultat est une arme très proche de la perfection où se mêlent les techniques modernes ( canon martelé à froid aux rayures d’un fini exceptionnel ) et classiques ( carcasses et pièces de platines travaillées mécaniquement, pas d’utilisation de microfusion, bronzage noir brillant sur des pièces polies et finies manuellement ).
    En bonne société industrielle Manurhin ne se repose pas sur ses lauriers et l’important contrat que constitue la fourniture d’armes de poing aux forces de Police et de Gendarmerie ne l’empêche pas d’aller explorer les besoins spécifiques des tireurs sportifs civils. Peu à peu la firme de Mulhouse crée ainsi toute une famille de revolvers :
    1973 — MR 73 version police ( défense ) canon de 2½, 3 et 4 pouces, aux calibres 9 Para et 357 Mag.
    1974 — MR 73 versions Match et Sport, à canons de 4, 5¼, 6 et 8 pouces, calibre 357 Mag.
    1977 — MR 73 versions GIGN ( Gendarmerie ) à canons de 3, 5¼, et 8 pouces, calibre 357 Mag.
    1980 — MR 32 Match.
    1981 — MR 38 Spécial Match.
             — MR Long Range à canon de 9 pouces, calibre 357 Mag.
             — RMR Spécial Police, calibre 357 Mag.
    1983 — MR Silhouette à canon de 10¾ pouces, calibre 357 Mag.
             — MR Commémoratif, 357 Mag. en acier inoxydable.
    1986 — MR 22 LR Remora 5 ( le petit frère en 5 coups calibre 38 spécial ).
    1987 — Modèle convertible.


1973 — MR 73
Des le départ c’est une arme de grand prestige. Si la conception est classique ( avec quelques astuces au niveau de la double action ) l’arme se caractérise par la grande qualité de ses aciers, le canon martelé et l’usinage parfait de chacune des pièces du mécanisme.
    Les seuls problèmes qui se présentent viennent du ministère de l’intérieur et de son souci d’économie qui fait exiger une arme pouvant tirer la 9 Para : il faut donc un barillet avec dans l’étoile de l’extracteur des petits ressorts qui viennent prendre la gorge des douilles ( chacun sait que la 9 Para est une cartouche à gorge et non à bourrelet ).
    Heureusement le dispositif inventé exprès pour cela marche plutôt bien, mais le fonctionnaire de police peut toujours avoir l’appréhension au plus fort d’une action violente, que « ça foire », ce qui ne facilite pas la concentration. La 9 Para prévue pour l’utilisation est ( au début ) la cartouche de l’Armée : il est notoire qu’elle est faite pour le P.M. et son utilisation dans une arme de poing ( heureusement solide ) entraîne un tir brutal. L’amorce prévue pour la masse percutante du PM est très dure : il faut une percussion très musclée, que le MR peut heureusement fournir par réglage de sa platine, mais au prix d’um alourdissement catastrophique de la double action ! De plus l’amorcées corrosive et les meilleurs aciers du monde ne peuvent donner que ce qu’ils ont face à la corrosion. Pour le tir de la 9 Para le diamètre intérieur du tube est établi à 0,354 pouce ( pour le tir à balle blindée en 357 c’est OK, mais pour un tir de match à la balle plomb il faut bien vérifier la matrice de récailibrage, sinon précision = zéro ).
    Alors qu’est annoncée l’attribution de l’arme avec son barillet de rechange en 357 Mag, les fonctionnaires de police voient souvent arriver un revolver juste prévu pour la 9 Para ( économie oblige ) avec finition parkerisée ( noir mat, toujours l’économie ). Heureusement en 1981 cette malheureuse expérience est enfin arrêtée et on lance le programme qui donne naissance au RMR Spécial Police ( voir plus loin ).
    À côté du modèle Police ( défence ) à canons de 2½, 3 et 4 pouces à crosse de bois, type « round butt », à organes de visée fixes, à finition parkérisée pour la clientèle administrative, existe une version semblable mais à finition bronzée noir brillant, pour la clientèle privée ( semble-t-il, cette version n’a pas été fournie en 9 Para, rien qu’en 357 Mag ). Dans les deux cas les plaquettes de série sont le modèle dit « standard » : deux blocs de bois réunis par une vis centrale, les plaquettes laissant la carcasse apparente, sauf sous le pontet où elles se rejoignent : ainsi est respectée l’accès aux vis de réglage de la détente et du ressort. Le médaillon doré inséré au bas des plaquettes ( emplacement inhabituel dans l’armurerie de poing ) est visible même sur l’arme au poing ( ce serait l’explication du choix de cet emplacement ).
    Quelques mois plus tard, en 1974, apparaît le modèle Sport à hausse réglable et guidon carré, à canons de 4, 5¼, 6 et 8 pouces.
    Toutes ces versions civiles présentent la finition que chacun reconnaît être remarquable chez Manurhin : bronzage profond sur pièces impeccablement polies.
    4 pouces : 357 Magnum. C’est la version la plus équilibrée pour le tir de précision, la défence.
    5¼ pouces : Modèle compétition, calibre 38 Spécial. C’est la nouveau réglementation de l’U.I.T qui détermine cette longueur. En fixant le poids maximum à 1,4 kg et la longueur totale à 30 cm l’adaptation d’une crosse orthopédique devient difficile pour le 6 pouces, type le plus fréquent jusqu’alors ( Colt Officer’s Match, S et W K 38 ) alors qu’en 5¼ pouces on améliore la préhension sans nuire à la précision. Sur ce modèle qui fonctionne en double action le chien est allégé.
    6 pouces : devient du fait de la nouvelle réglementation l’arme du sportif non matcheur. Ce modèle est prévu d’origine dans les calibres sportifs 38 Spl et 22 LR et les calibres magnum : 357 Mag et 22 Mag. Les versions 22 ajournées ( on ne sait pourquoi ) ressortent bien plus tard sous une forme différente ( voir 22 Match ).
    8 pouces : c’est une « canne à péche », difficilement maniable, mais très précise, surtout utilisable avec lunette. Peut-être envisagée comme arme de chasse ( pour l’exportation aux USA, en Afrique ), c’est dans la version Gendarmerie avec bipied que l’arme s’épanouit.

MR 73 — MODÈLES GENDARMERIE
Après la création d’un Groupe d’lntervention de la Gendarmerie Nationale ( GIGN ), fer de lance dans la lutte de la Gendarmerie contre le terrorisme et les prises d’otages, est apparu le besoin de remplacer le PA MAC 50 peu adapté à ce genre de mission. Après une série d’essais mettant en présence la fine fleur des revolvers du Monde ( SW, Ruger, Colt et Manurhin ) c’est le MR 73 qui est retenu. De la collaboration étroite entre la Gendarmerie ( Capitaine Prouteau ) et Manurhin est né un modèle spécifique ou s’associent la maniabilité des modèles « défense » et la précision des modèles « sport ».
    Sur la carcasse du MR 73 une hausse micrométrique semblable à celle du modèle sport mais à planchette de visée plus petite assure la précision sans gros risque d’accrochage en sortie rapide de l’étui ; de même le guidon monté sur une longue embase n’est plus taillé en angle droit, comme sur le modèle sport, mais possède des contours abattus, comme sur le modèle défense. Il y à trois longueurs de canon disponibles ; selon le type d’intervention on choisit :
    — une arme à canon de 3 pouces pour le tir rapproché ( poids 890 g ), d’origine à petites plaquettes ( standard ), mais peut bien sûr recevoir d’autres plaquettes plus étoffées ( pour le tir à deux mains ).
    — une arme à canon de 5¼ pouces pour le tir à moyenne distance ( jusqu’à 60 mètres ), d’origine à grandes plaquettes ( Gendarmerie ) portant sur le devant l’empreinte des doigts permettant le tir à deux mains. Ces grandes plaquettes masquent l’accès aux vis de réglage mais sont si efficaces même pour la préhension à une main qu’on les retrouve sur les modèles match 32, 38 à coté des crosses orthopédiques.
    — une arme à canon de 8 pouces en 1981 qui rejoint les deux autres MR Gendarmerie. Avec une lunette ( Bushnell grossissement 1,3 ) lit grandes plaquettes elle autorise un tir à 100 mètres, puis avec lunette à grossissement 2,5 et bipied amovible elle permet le tir à 200 mètres. À ces distances la carabine Ruger Mini 14 en 5,56 dont est aussi doté le GIGN est une alternative non négligeable.
    Le 8 pouces à lunette fait 1,125 Kg sans la lunette, 1,32 avec.
    Apparus à partir de 1977 les MR Gendarmerie reçoivent d’office la modification apportée alors au mécanisme du MR 73 : changement du ressort du linguet. La corde à piano trop fragile ( possibilité de bris à quelques milliers de coups ) fait place à un ressort à lame.

1980 — LANCEMENT DU MR 32 MATCH
Après expérimentation en 1979 de l’ultime prototype par l’équipe de France de Tir, l’arme lancée dans le circuit commercial et sportif en 1980 fait tout de suite forte impression par son esthétique et par le titre de Champion de France au pistolet sport 1980 ( se posant ainsi en challenger du PA Walther 32 ).
    Le barillet, court, n’occupe pas toute la carcasse qui est celle du MR 73, ce qui permet de reculer le canon et de tenir les normes de gabarit UIT avec un canon de 6 pouces. Bien sûr chambres et cône de raccordement correspondent à l’utilisation de wadcutters.
    Canon de 6 pouces ( diamètre de récailibrage = 0,313 pour les rechargeurs ) 6 rayures au pas de 450 mm, la hausse est surbaissée et le contrepoids réglable sous le canon. Au début l’arme est livrée munie d’un prolongement métallique rapporte par soudure sur la carcasse, pour améliorer la tenue lors de l’utilisation des plaquettes de crosse sport. La fourniture ultérieure par Manurhin de crosses orthopédiques en bois rend cette corne disgracieuse inutile et elle disparaît sans laisser de regrets aux tireurs.
    À partir de 1974 sept prototypes successifs dus à la collaboration du Commandant Wack ( directeur de l’équipe de France militaire de tir et de la section tir de l’école interarmées des sports ) et des spécialistes de la maison de Mulhouse transforment peu à peu le MR 73 en redoutable arme de matcheurs.

1981 — LE MR SPÉCIAL POLICE
Après l’introduction du MR 73 dans les services de police, en priorité dans les services spécialises qui avaient tout à fait l’usage d’une arme conçue pour leurs besoins spécifiques, la crise pétrolière internationale et les restrictions budgétaires nationales font revoir au Ministère de l’Intérieur le poste de l’équipement en armes. Le MR 73 est coûteux : sa fabrication est classique, sans utilisation de pièces de microfusion. Pour abaisser les coûts Manurhin fait appel à Ruger ( d’ou le nom aux initiales RMR ) qui est, aux USA, le champion de l’arme de qualité dans le créneau des prix corrects ( par opposition à Colt et Smith et Wesson dont les prix sont dans la cIasse au dessus ).
    Schématiquement le Spécial Police ( c’est son nom officiel après adoption par le Ministère de l’Intérieur ) c’est une carcasse et un mécanisme Ruger ( avec pièces obtenues par microfusion ) type Speed Six, avec un canon et un barillet forgés Manurhin. Les pièces arrivées brutes en France sont finies et montées à Mulhouse. Le bronzage noir brillant change agréablement les fonctionnaires de Police du modèle précédent. La couleur blanche du chien et de la détente est peut-être plus moderne que la finition jaune paille du MR 73. Malgré l’air de famille aucune pièce n’est interchangeable avec celles du MR 73.
    Canons de 3 et 4 pouces, à six rayures au pas de 400 mm. Poids total 875 g ( 3 pouces ), 950 g ( 4 pouces ). À noter qu’il existe une version en 38 spécial pour l’exportation. Après 16.000 pièces fabriquées le modèle est arrrêté : l’augmentation du dollar rend moins séduisant le prix du Ruger et, disent certains, les tolérances Ruger un peu lâches se marient mal avec la rigueur alsacienne. Une solution totalement française : le Spécial Police F1 naît en remplacement ( voir plus loin ).

1981 — MR 38 MATCH
C’est le frère du MR 32 sorti deux ans plus tôt et si on excepte son barillet qui occupe toute la carcasse, il lui ressemble beaucoup : même grande poignée à empreintes pour les doigts sur le devant, même hausse micrométrique rallongée à l’extrême arrière du sommet de la carcasse MR 73, même guidon anguleux sur courte embase, même mécanisme en simple action, même possibilité de monter le contrepoids de 100 g sous le canon.
    Manurhin sort cette arme car son revolver MR 32, sans aucunement démériter dans les concours, se diffuse peu, freiné qu’il est par la relative nouveauté qu’est pour beaucoup de tireurs la cartouche.
    La 38 spécial est archi-connue, les rechargeurs archi-équipés, c’est donc commercialement logique de sortir fin 1981 un MR Match dans ce calibre.
    Canon de 5¼ pouces, à 5 rayures ( jusque-là tous les MR 73 ont six rayures ) au pas de 476 mm, étudié pour la wadcutter, son calibre ést, à fond de rayures 9,05 mm ( 0.356 pour le récailibrage ).

1981 — MR 9 POUCES SILHOUETTE
Le tir sur silhouettes métalliques vient des USA, à partir de 1980 ; il rencontre en France un succès grandissant et Manurhin saisissant l’opportunité d’élargir sa gamme et de barrer la route aux productions US sort en janvier 1981, sur carcasse MR, une version à canon long.
    Schématiquement c’est la platine à simple action et chien allégé, les organes de visée des versions match, avec un barillet et un canon de 357 Magnum. Le logement de la tige d’extracteur se continue sous le canon jusqu’a la bouche ( sur les prototypes il s’arrête à mi-course ) et équilibre l’arme. Poids total 1300 g, longueur totale 360 mm. Sur ce modèle de 2e génération la partie arrière de la carcasse est lisse ( alors que les MR de 1ère génération ont un arrière strié ).

1983 — SPÉCIAL POLICE F1
Le RMR, hybride franco-américain, nécessitant trop de travaux de finition mécanique devenu à son tour trop cher, la société de Mulhouse se tourne vers une solution entièrement française qui ne peut que plaire à l’état français : ATS France Société spécialisée dans la microfusion en tout genre fournit les carcasses brutes, que Manurhin finit et monte. Le bureau d’études en profite pour remanier le mécanisme et c’est une arme profondément remaniée qui sort, même si extérieurement la ressemblance est grande avec le RMR Spécial Police ( interchangeabilité oblige ) : plus de pontet amovible, mais une classique plaque de recouvrement.
    Les longueurs disponibles pour les canons restent 3 et 4 pouces. La version finition bronzée noir se trouve pour la première fois chez Manurhin épaulée par une version inox ( Enfin… ! disent certains, étonnés de voir le revolver inox être l’apanage des productions étrangères ).

1983 — LE MR 10¾ POUCES SILHOUETTE
Le 9 pouces avec sa remarquable canonnerie couplée à d’excellents organes de visée excite beaucoup les tireurs sur silhouettes métalliques. La science du rechargement et la robustesse de la carcasse du MR 73 laissent prévoir une cartouche « renforcée et perfectionnée » .
    Pour barrer la route des 44 Magnum américains et pour tirer le maximum de cette 357 optimisée ( la 357 Magnum Mega Match ) le département armement de Manurhin, toujours dynamique, sort le MR 10¾.
Le nom « Silhouette » jusque-là porté par le 9 pouces est attribué au 10¾ pouces. Le 9 pouces est rebaptisé « Long range ».
    Canon de 10¾ ( 273 mm ) à 5 rayures au pas de 476 mm, poids à vide 1,428 kg, longueur totale 424 mm. Schématiquement c’est le 9 pouces allongé et doté d’une poignée plus grande. Attention : la 357 Mega Match peut être tirée sans danger dans tous les MR 73 en 357 Magnum, mais Manurhin propose le chambrage du barillet du Silhouette soit en 357 Magnum, soit en 357 Mega Match ( qui, lui n’accepte pas la 357 Magnum normale ).

1983 — MODÈLE COMMÉMORATIF
Pour fêter les 10 années de son produit Manurhin sort une arme gravée, avec plaquettes en bois précieux ( bois de violette ), en acier inoxydable, vendue par souscription. Il à été présente à la presse deux prototypes de cette arme : l’un avec organes de visée « défense », l’autre avec organes de visée « gendarmerie » dédicacé à Christian Prouteau ( les 10 ans du MR 73 ont coïncidé avec les 10 ans du GIGN ).
    Mais il y à bien d’autres exécutions spéciales du MR 73 , exécutées discrètement sur demande à l’usine : gravures, incrustations de fils d’or, finition luxe, montage de lunette, coffrets somptueux bien loin de l’ordinaire boite de carton. Ce genre de cadeau fait toujours plaisir aux puissants de ce monde.

1985 — LE MR 22 MATCH
Attendu depuis longtemps, le 22 LR, calibre qui figure déjà dans une publicité de 1977, apparaît enfin en public. C’est un revolver dans la plus pure tradition des versions « match ».
    Chien allégé à course courte, simple action, hausse basse sur la main, contrepoids amovible sons le canon, crosse orthopédique conforme aux règlements UIT. Ce revolver offre par barillet interchangeable la possibilité de tirer la 22 LR et la 22 Mag : souhaitons que ce Manurhin aux deux barillets rencontre un sort meilleur que celui de son ancêtre MR 73 avec le couple 9 Para et 357 Mag. Je ne suis pas contre la 22 Mag ( sauf contre son prix… ) mais je vois mal son intérêt dans une arme typiquement destinée au tir à la cible.
    Canon 15,3 mm ( 6 pouces ), à 6 rayures.

1986 — LE REMORA 5
C’est dans sa destination et sa présentation le petit frère du Spécial Police F1 à 5 coups en 38 spécial. Cette arme légère ( 560 g pour le 2 pouces ) à canon court ( disponible en 2, 2½ et 3 pouces ) est destinée à un port discret, invisible. En acier inox elle ne peut craindre ni la sueur, ni l’absence d’entretien.

1987 — MODÈLE CONVERTIBLE
Sur la mécanique éprouvée du MR 73 Manurhin présente un revolver de match à canon et barillet interchangeables : carcasse, poignées, organes de visée restent les mêmes, mais avec des outils simples fournis avec l’arme on peut au choix tirer en 22 LR, en 32, en 38. Sur les premiers modèles vus en exposition la finition extérieure semble en baisse nette par rapport aux armes antérieures, mais l’ajustage mécanique est irréprochable. Si le prix reste abordable on peut prévoir que de nombreux matcheurs seront intéressés par le convertible.

EN CONCLUSION
Au moment ou s’écrit cette revue de la production Manurhin ( printemps 1987) on murmure que la firme de Mulhouse prépare pour l’armée un PA qui remplacerait le MAC 50. Souhaitons à ce PA moderne de bénéficier de l’expérience acquise par le bureau d’études lors de l’élaboration de revolvers répondant à des besoins très divers.
    Après tout, celà à été la démarche de Colt et celà lui à très bien réussi.

Maître Simili et Denis-Alain Specteur


NDLR
Cette étude, fort bien documentée y compris dans sa conclusion, à été menée alors que le Ministère de la Défense poursuivait ses études sur les armes proposées par différentes firmes pour équiper en particulier la Gendarmerie Française, 3 firmes étaient en lice : 2 françaises, 1 italienne.
    — la MAS ( Manufacture d’Armes de Saint-Étienne, Manufacture d’État à ne pas confondre avec feu Manufrance ) qui proposait un SIG… suisse,
    — Manurhin qui , proposait un Walther de sa fabrication, mais d’origine… allemande,
    — Beretta, qui proposait son célèbre 92 F dont on connaît le succès historique auprès des armées des USA.
    C’est à dire rien que des armes de conception étrangère, confirmant ainsi la pauvreté et le triste déclin de l’industrie armurière du pistolet en France. Depuis le choix a été fait et la décision prise : la Gendarmerie Française sera dotée du pistolet italien Beretta 92 F, en calibre 9 mm Nato ( = 9 Para ).
    Toutefois les compétiteurs français, écartés du choix, ne le seront pas de la production qui, sous licence Beretta, sera confiée partie à la MAS, partie à Manurhin.
    Espérons que nous retrouverons dans ces armes la qualité et le soin « Manurhin » qui ont fait la renommée méritée du MR 73.
    Heureux gendarmes… quand ils les auront… ces nouveaux pistolets.

LA RÉDACTION

thomas mann: bruder hitler | that man is my brother | брат гитлер

Bruder Hitler That Man Is My Brother Брат Гитлер


Thomas Mann
1. Januar 1939
Foto: Carl Mydans
Time & Life Pictures/Getty Images

Ohne die entsetzlichen Opfer, welche unausgesetzt dem fatalen Seelenleben dieses Menschen fallen, ohne die umfassenden moralischen Verwüstungen, die davon ausgehen, fiele es leichter, zu gestehen, daß man sein Lebensphänomen fesselnd findet. Man kann nicht umhin, das zu tun; niemand ist der Beschäftigung mit seiner trüben Figur überhoben — das liegt in der grob effektvollen und verstärkenden (amplifizierenden) Natur der Politik, des Handwerks also, das er nun einmal gewählt hat, — man weiß, wie sehr nur eben in Ermangelung der Fähigkeit zu irgendeinem anderen. Desto schlimmer für uns, desto beschämender für das hilflose Europa von heute, das er fasziniert, worin er den Mann des Schicksals, den Allbezwinger spielen darf, und dank einer Verkettung phantastisch glücklicher — das heißt unglückseliger — Umstände, da zufällig kein Wasser fließt, das nicht seine Mühlen triebe, von einem Siege über das Nichts, über die vollendete Widerstandslosigkeit zum andern getragen wird. Were it not for the frightful sacrifices which continue to be offered up to the fatal psychology of this man; were it not for the ever-widening circle of desolation which he makes, it would be easier to admit that he presents an arresting phenomenon. Yet, hard as it is, we must admit it; nobody can help being preoccupied by the deplorable spectacle. For he has chosen — in default, as we know, of capacity to wield any other — to use politics as his tool; and politics always magnify and coarsen the effect they produce. So much the worse for us all; so much the worse for Europe today, lying helpless under his spell, where he is vouchsafed the role of the man of destiny and all-conquering hero, and where, thanks to a combination of fantastic chances — or mischances — everything is grist that comes to his mill, and he passes unopposed from one triumph to another. Если бы не ужасающие жертвы, которые непрерывно требует роковая душевная жизнь этого человека, и если бы не огромные моральные опустошения из того проистекающие, было бы легче признать, что феномен этот захватывающе увлекателен. Но ничего не поделаешь, приходится это высказать. Никто не избавлен от необходимости иметь дело с этой мрачной фигурой, ибо такова рассчитанная на грубый эффект, на преувеличение природа политики, того ремесла, которое он себе однажды выбрал, — мы знаем, в сколь большой степени из-за отсутствия способностей к чему-либо другому. Тем хуже для нас, тем постыдней для сегодняшней беспомощной Европы, которую он ослепляет, в которой ему позволено играть роль человека судьбы, покорителя всех и вся, где благодаря сцеплению фантастически счастливых, то есть несчастных, обстоятельств, — ведь все складывается так, что нет воды, которая не лилась бы на его мельницу, — его несет от одной победы, победы над ничем, над полнейшим непротивлением, к другой.

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